Patrimoine et Mémoire de Bousbecque

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L’HISTOIRE DU CHATEAU DE BOUSBECQUE, DEMEURE D’UN PERSONNAGE ILLUSTRE AUGER DE BOUSBECQUE

Localisation et architecture du château :

Plan de Bousbecque
Bousbecque en pays de Ferrain


Bousbecque
(Planche 67 des Albums XII de Croÿ (début du XVIIème siècle) : Bousbecq- vue prise du sud avec les commentaires (ci-dessous) fin du XXème siècle de Christiane Lesage, Conservateur Régional des Monuments Historiques, membre de la Commission Historique du Département du Nord.)

« Au premier plan, la route plantée d’arbres venant de Wervicq à gauche et se dirigeant vers Halluin. A gauche, la drève menant au château. Un portail s’ouvre dans un bâtiment élevé, éclairé de trois fenêtres dont une percée dans une lucarne-pignon ; toiture en bâtière se terminant en pas de moineaux. Une courtine ceinture la propriété sur la gauche. Il s’y appuie un autre bâtiment rectangulaire plus modeste que le précédent, lui aussi coiffé en bâtière et à pas de moineaux, sans doute le pigeonnier ; sur la gauche, encore un autre petit bâtiment derrière ; une haute construction mal identifiée. Dominant l’ensemble, une tour ronde, éclairée d’oculi, coiffée en poivrière agrémentée de lucarnes. L’ensemble est en pierre couvert d’ardoise.
C’est le siège du fief de la Lys rattaché en 1600 à la seigneurie de Rume en Bousbecque qu’on venait d’ériger en baronnie pour Charles de Ydeghem, descendant par alliance des Ghiselin, seigneurs de Bousbecque depuis 1466, et neveu du diplomate Oger de Bousbecque.
A droite, quelques maisons ( dont certaines à deux niveaux) et des chaumières entourent l’église Saint Martin, modeste édifice en pierre à deux vaisseaux couverts d’ardoise, avec petite flèche de charpente. C’est là, avec la place et le cimetière, le siège de la seigneurie de Rume en Bousbecque.
Derrière, la Lys qui serpente en méandres et qu’empruntent deux bateaux munis de voiles.
A l’extrémité d’une allée bordée d’arbres, il reste aujourd’hui, encore entouré d’eau, le domaine des Ghiselin, transformé en ferme et dont quelques éléments pourraient bien être contemporains de la miniature.
De l’église, il reste actuellement, datant du XVème siècle, les colonnes et leurs chapiteaux ; mais la nef sud a été reconstruite en 1637-1639 et on a, en 1874, flanqué la façade ouest d’un clocher monumental. »


En complément de ces commentaires, j’y ajouterai la description ci-après de l’architecture du château avec les esquisses correspondantes faites par Daniel Derveaux, lauréat de l’Institut, dans son livre En Pays de Ferrain, Chateaux-Forts, Manoirs et Censes- Manoirs.

Extrait du livre de Mr Derveaux :
« …il existe encore un corps de bâtiment comprenant une entrée monumentale à porte gothique gardant les traces d’un pont-levis, flanquée à l’intérieur d’une tour de défense ornée de culs de lampe sculptés. Les pignons de ce bâtiment sont à redans, tandis que le corps de logis se trouve moins élevé et contient une belle salle commune à vaste cheminée.
A part quelques chambres, le reste des pièces, dont certaines ont des plafonds ornementés, sert de débarras, de magasin, car l’ancien manoir d’Auger de Bousbecque est maintenant une belle et importante cense, comme l’indique le clocheton qui en chevauche le toit.
La façade donnant sur la cour repose sur des assises de grés et, tout au long et au-dessus des portes et fenêtres court une remarquable moulure continue, répétant une suite d’arcades de pierre. On y remarque dans le milieu de chacune un écusson sculpté de fleurs très simples. Peut-être étaient-ce là les armes préférées du savant Auger ?…
La conservation de ces bâtiments est due à Jean-François Le Vaillant, Baron de Bousbecque, qui les fit restaurer au début du XVIIIème siècle. »

Ces commentaires, gravure et esquisses permettent d’affirmer que certaines parties architecturales de ce château-manoir étaient d’époque et constituaient donc encore de nos jours un patrimoine historique indubitable, et n’avaient pas lieu d’être traitées comme une ruine… !

Ca n’est d’ailleurs pas démenti par Monsieur Jacques Philippon, Conservateur régional des Monuments Historiques, dans sa lettre du 7 mai 2004 à la SA Coramine, propriétaire du château, avec copie au Maire de Bousbecque, à l’issue de sa visite du manoir :
« …Je ne peux que confirmer l’intérêt historique de cet ensemble même si évidemment les bâtiments laissent apparaître de nombreuses modifications rendant leur lisibilité difficile...
Malgré quelques problèmes inévitables de dégradation, l’ensemble est encore en bon état et est susceptible d’intéresser des promoteurs ou votre société pour une remise en état des lieux qui ont incontestablement un cachet valorisable. »

Château de Bousbecque
L’entrée du Château de Bousbecque esquissée en 1935 par Daniel DERVEAUX


Château de Bousbecque
Château de Bousbecque