Patrimoine et Mémoire de Bousbecque

Albums de Charles de Croÿ

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Armentières

Armentières

En cartouche : << Armentiere du costé de la porte d'Erquinghen >> - Vue prise de l'Ouest.
A droite, la becque du Crachet qui alimentait les fossés de la ville primitive. A gauche, bordée de chaumières avec leur jardin, la route venant de Neuféglise (Nieuwkerke en Belgique), et rassemblant les routes de Bailleul et d'Estaires (par Erquinghem), franchit le fossé et pénètre en ville par un pont-levis et une porte, devient rue d'Erquinghem (rue des Résistants), rue du Brusle (rue de Dunkerque), côtoie le Grand-Marché (place De Gaulle), se poursuit en rue d'Arras (rue de Lille) et ressort sous une porte par un pont-levis en direction de Béthune et de Lille où elle s'accompagne à nouveau de chaumières. A gauche encore, la Lys entre en ville à peu de distance de la porte d'Erquinghem, croise, au pont de Flandre, le chemin d'Ypres qui prend en ville le nom de rue des Espaignars (rue des Fusillés) et sort à l'est, porteuse de nombreux bateaux. Deux monuments émergent de cet agglomérat d'habitations anonymes : la Halle et maison de la ville, en bordure du Grand-Marché, avec sa haute tour chargée de décor et couronnée d'un bulbe avec petite flèche; l'église Saint-Vaast, occupant le centre de la miniature, avec sa haute flèche de charpente. On devine en outre, le longe de la rue des Espaignars l'hôpital de la ville et l'hospice Comtesse avec leurs pignons jumeaux, un moulin à vent sur pivot dominant le rempart non loin de la sortie de la Lys. On remarque surtout le tracé en accordéon de l'enceinte (non encore bastionnée), tracé que le dessinateur s'est plu à mettre en évidence, comme le fera plus tard Sanderu dans sa Flandria Illustrata.
De tout cela, il ne reste pratiquement rien, à part le tracé de la Lys et des chemins. L'ensemble, après avoir été industrialisé au XIXe siècle, a subi intensément la guerre de 1914-1918.
Armes : d'argent à la fleur de lis de gueules accompagné en chef d'un soleil d'or et d'une lune en décours du même.

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Bousbecque

Bousbecque

En cartouche : << Bousbecq >> - Vue prise du sud.
Au premier plan, la route plantée d'arbres venant de Wervicq à gauche et se dirigeant vers Halluin. A gauche, la drève menant au château. Un portail s'ouvre dans un bâtiment élevé, éclairé de trois fenêtres dont une percée dans une lucarne-pignon; toiture en bâtière se terminant en pas de moineaux. Une courtine ceinture la propriété sur la gauche. Il s'y appuie un autre bâtiment rectangulaire plus modeste que le précédent, lui aussi coiffé en bâtière et à pas de moineaux, sans doute le pigeonnier; sur la gauche, encore un autre petit bâtiment derrière; une haute construction mal identifiée. Dominant l'ensemble, une tour ronde, éclairée d'oculi, coiffée en poivrière agrémentée de lucarnes. L'ensemble est en pierre couvert d'ardoise. C'est le siège du fief de la Lys rattaché en 1600 à la seigneurie de Rume en Bousbecque qu'on venait d'ériger en baronnie pour Charles de Ydeghem, descendant par alliance des Ghiselin, seigneurs de Bousbecque depuis 1466, et neveu du diplomate Oger de Bousbecque.
A droite, quelques maisons (dont certaines à deux niveaux) et des chaumières entourent l'église Saint-Martin, modeste édifice en pierre à deux vaisseaux couverts d'ardoise, avec petite flèche de charpente. C'est là, avec la place et le cimetière, le siège de la seigneurie de Rume en Bousbecque.
Derrière, la Lys qui serpente en méandres et qu'empruntent deux bateaux munis de voiles.
A l'extrémité d'une allée bordée d'arbres, il reste aujourd'hui, encore entouré d'eau, le domaine des Ghiselin, transformé en ferme et dont quelques éléments pourraient bien être contemporains de la miniature.
De l'église, il reste actuellement, datant du XVe siècle, les colonnes et leurs chapiteaux; mais la nef sud a été reconstruite en 1637-1639 et on a, en 1874, flanqué la façade ouest d'un clocher monumental.

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Comines

Comines

En cartouche : << Comines >> - Composition panoramique réalisée à partir d'une vue prise du sud.
A droite, le château (alors propriété de Charles de Croÿ), remarquable modèle d'architecture militaire construit à la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle pour (et par) les spécialistes de la poliorcétique qu'étaient Colard et Jean de La Clyte, seigneurs de Comines. La lecture de ce que nous montre Adrien de Montigny est difficile. On voit, dominant l'ensemble, le donjon et sa haute guette, deux grosses tours surmontées elles aussi d'une guette et un foisonnement de tourelles rondes ou carrées coiffées en poivrière, en terrasse ou en bâtière, flanquant les courtines. Le tout, en brique et, quand il y a lieu, couvert d'ardoise, est entouré de larges fossés. Vers l'ouest, jardin arrangé "à la française". La basse-cour semble cachée par les arbres du second plan.
Vers le milieu de la miniature, la collégiale et le beffroi déjà étudiés à la planche 19. Immédiatement derrière eux, ensemble de bâtiments en brique, couverts soit d'ardoise, soit de tuile : l'hôpital Notre-Dame avec sa chapelle.
Au-delà encore, la Lys, chargée de bateaux; elle fait tourner des moulins à gauche, forme un vaste bassin, est franchie par deux ponts-levis et donne naissance à la << morte Lys >> qui s'éloigne vers le fond bleuté de l'image.
L'agglomération, telle que la montre l'artiste, comporte trois rues qui convergent vers une grande place (le Marché) : ce sont à droite, avec une entrée protégée par une porte (contre laquelle le fossé de la bourgeoisie fait tourner un moulin) la rue d'Hurlupin; vers le fond, la rue du Pont; à gauche, bordée par la maison du Saint-Esprit (?) et le couvent des Soeurs Grises (surmonté de sa flèche en charpente), la route venant d'Armentières (l'actuelle rue de la République). Au-delà de la rivière on devine seulement ce qui est aujourd'hui Comines-Belgique.
Dans l'angle formé par ces deux dernières artères, paysage bocager.
La ville, ravagée en 1579, connaît une lente résurrection dont Jean-Marie Duvosquel a bien précisé les étapes. La vue d'Adrien de Montigny fournit un assez bon témoignage sur l'état de cette reconstruction en 1603. Depuis lors, le château a été démentelé en 1674. En 1919, après la Grande Guerre, une tour se dressait encore au milieu du champ de ruines qu'était Comines. La reconstruction en fit table rase. Mais on lit encore sur les plans actuels le tracé des rues tel qu'il apparaît sur la miniature.
Armes : d'argent à 3 fasces de gueules (armes personnelles de Charles de Croÿ, seigneur de Comines ).

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Deûlémont

Deûlémont

En cartouche : << Duslemont >> - Composition panoramique à partir de vues prises du nord-est et du sud-est. L'artiste a voulu montrer à la fois le village et le confluent de la Lys et de la Deûle.
Au premier plan, le chemin venant de Comines. De là, le village se présentait dans toute sa largeur (les cartes du XVIIIe siècle en font foi). Modeste agglomération faite de chaumières.
Eglise vue du sud-est. Edifice en pierre et couvert d'ardoise, paraissant fait d'un seul vaisseau : nef de quatre travées, tour carrée à flèche de charpente, choeur de deux travées, chevet plat éclairé par une fenêtre dans l'axe, petite chapelle entée sur la dernière travée sud.
Au-delà, venant toutes deux de la gauche, la Deûle puis la Lys. La première se jette dans la seconde, à droite de l'image.
Le village est devenu totalement différent de celui que nous montre la miniature. L'église, agrandie en 1724, a subsisté jusqu'à la Grande Guerre.

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Halluin

Halluin

En cartouche : << Halluin >> - Vue prise du nord-ouest.
Au premier plan à gauche et traversant la vue en biais, la route menant de Menin à Lille. Franchissement de la Lys par un pont mobile : portique en bois, garde-corps s'interrompant au milieu du pont; sept ou huit "cranes" ou grues sur l'autre rive.
Deux pâtés de maisons, où l'on distingue deux auberges, bordent la Lys de chaque côté de la grand-route.
Derrière et sur la gauche, un peu en retrait de la route, l'église Saint-Hilaire en pierre couverte d'ardoise : trois nefs semblables longues de quatre travées; portail et flèche en charpente à la nef centrale.
De l'église part vers le nord-est une drève rejoignant un ensemble de bâtiments précédé d'un portail, clos de murs et entouré d'eau : l'ancienne Prévôté dont les maîtres étaient seigneurs de la Paroisse. De cet ensemble part une autre drève se dirigeant vers le sud-ouest pour rejoindre un grand arbre d'où s'éloignent trois autres branches d'un X et une cinquième qui aboutit en s'incurvant au sud de l'église. Il s'agit peut-être de la seigneurie d'Halluin qui avait réuni en 1431 les fiefs de la Mairie, de la Becque et de la Prévôté dont un dénombrement de 1620 précise qu'il comprenait entre autres un manoir sur motte entouré d'eau. Charles de Croÿ, duc en 1598, chevalier de la Toison d'Or en 1599, reçut à Halluin (et à Comines) Albert et Isabelle, les archiducs, lors de leur Joyeuse Entrée. A l'horizon, un moulin à vent.
Il est bien difficile dans l'état actuel de retrouver avec précision les éléments fournis par la vue. Certes le souvenir du moulin demeure (carrière du Moulin et cité du Vieux Moulin). Le pâté de maison à gauche de la route est encore délimité ainsi, mais depuis le traité des frontières, il fait partie de la ville de Menin (royaume de Belgique). C'est à peine si la voierie garde le tracé des drèves géométriquement disposées. L'emplacement de la Prévôté pourrait se trouver à la Haute Cense sur le territoire de Menin, nommée Ferme du Château sur la carte au 1/80.000e. L'église qui figure sur la miniature venait d'être reconstruite (1598-1602); on lui adjoignit une tour en 1638. Elle devait en 1686 changer d'emplacement à cause de l'extension des fortifications de Menin et se situer à l'actuelle place de l'abbé Bonpain, où elle fut reconstruite en 1774 , puis à nouveau en 1856.

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Linselles

Linselles

En cartouche : << Linselles >> - Vue prise, semble-t-il, du nord-ouest.
Au premier plan, le chemin venant du Stemberg. Derrière le village, en grande partie groupé et composé de maisons basses et de chaumières, l'église : vaisseau modeste où s'accrochent au sud deux chapelles marquées par leur pignon éclairé d'une grande fenêtre; placée au centre et marquant seule la séparation de la nef et du choeur, la tour, carrée, d'un seul niveau, éclairée sur chaque face et coiffée d'une haute flèche en charpente.
La physionomie du village a été, au XIXe siècle et après la Grande Guerre, profondément modifiée. Quant à l'église, après avoir été transformée au XVIIIe siècle, elle a été dynamitée en 1918 et reconstruite en 1936.

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Quesnoy-sur-Deûle

Quesnoy-sur-Deûle

En cartouche : << Quesnoy >> - Vue prise du sud-ouest, approximativement du chemin venant de Wambrechies (aujourd'hui rue de la Gare) qui, au second plan, derrière les rangées de maisons, rencontre la route de Lille à Ypres (aujourd'hui rue de Lille, à droite, et rue d'Ypres, à gauche) puis franchit la Deûle et traverse l'agglomération en constituant l'actuelle rue Belle-Croix.
La Deûle, chargée de bateaux, franchie par des ponts ou barrée par une écluse, occupe toute la partie centrale de la miniature. Vers la droite, elle forme deux bassins qui sont de véritables ports (un élargissement du lit de la rivière subsiste à cet endroit). Du même côté, elle est grossie par un bief dont les eaux ont fait tourner un moulin (qu'on voit derrière le grand arbre). Vers le bourg un de ses bras baigne les murs du château, fait aussi tourner un moulin, est franchi par la rue principale et s'écoule vers la gauche.
Le château, vaste demeure bâtie de brique et couverte d'ardoise, est abondamment éclairé et pourvu de plusieurs pignons ou frontons à pas de moineaux. Ce que nous montre l'artiste ne permet pas d'en lire le plan. Nous pouvons seulement distinguer deux corps de logis. Celui de gauche, qui est sommé d'un clocheton et dans lequel on pénètre par un pont-levis, comporte une aile en retour (vers l'observateur); sa façade paraît cantonnée de deux tourelles.
Dans le bourg, l'église est construite en pierre et couverte d'ardoise. On en distingue bien la tour (carrée, éclairée à l'étage des cloches par deux fenêtres sur chaque face, surmontée d'une flèche en charpente à lucarnes, mais on ne voit pas comment elle se situe par rapport à l'édifice; par des plans anciens nous savons qu'elle était à l'ouest de l'édifice composé de trois nefs).
On peut encore reconnaître quelques éléments de la miniature (une voie publique, l'élargissement de la rivière), mais l'aspect des lieux est aujourd'hui bien différent. La commune a été totalement reconstruite après la Grande Guerre.

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Roncq

Roncq

En cartouche : << Roncq >> - Vue prise du sud-ouest.
Au premier plan, à droite, le "chemin de la Vieille Cour". A gauche, scène de chasse à la "bête noire" (au sanglier) : "parc" en forme de demi-cercle, appuyé sur les premières maisons du village et fait de "panneaux" de bois à croisillons, vers lequel on chasse l'animal poursuivi par des chiens, des cavaliers, des piqueurs et effrayé par des tirs d'arquebuse.
Au centre de l'agglomération, l'église. Edifice de pierre couvert d'ardoise : nef de deux travées surmontée d'un clocheton et d'une flèche de charpente à deux étages d'abatson, deux chapelles perpendiculaires à l'axe (ou simples lucarnes pendantes); choeur plus petit et plus bas que la nef.
On notera la belle allure de nombreuses maisons et le soin avec lequel toutes sont dessinées. Est-ce parce que la seigneurie du lieu appartient à Charles de Croÿ ?
L'aspect des lieux a été totalement modifié par l'urbanisation. L'église a été reconstruite en 1868.

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Verlinghem

Verlinghem

En cartouche : << Verlinghehem >>.
La présence d'une rivière portant des bateaux, la disposition des lieux et l'aspect de l'église font, dans un premier temps, douter que la vue représente le village annoncé. Comme toutes les localités riveraines d'un cours d'eau figurent par ailleurs dans l'album et comme la Deûle coule effectivement sur une partie (très réduite) du territoire de Verlinghem, on peut supposer que le dessinateur a réalisé une composition panoramique regroupant des éléments qu'il est impossible de voir en même temps.
Au premier plan, chemin bordé d'arbres. A droite, château entouré de larges fossés et paraissant former un quadrilatère. Jardin organisé "à la française", deux bâtiments aveugles en brique et couverts de tuile, porche d'entrée accosté d'une tourelle, deux corps de logis sur deux niveaux et largement éclairés. A gauche du château (et en face de lui), curieuse tour isolée paraissant être un colombier.
De l'église on voit une nef (à gauche) d'au moins deux travées, une tour éclairée par une fenêtre à l'étage des cloches et sommée d'une toiture pyramidale et (à droite) un choeur plus bas que la nef ou une chapelle sur la face sud de la tour (l'éloignement ne permet pas de décider).
L'église a été reconstruite en 1868. Seule la tour, qui date du XVIe siècle, domine toujours le village maintenant densifié. Du château (qu'on appelle improprement la ferme des Templiers) on a gardé, en dépit des destructions de la première guerre mondiale, un portail monumental encadré de tourelles et deux corps de logis du XVIe siècle.

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Bas-Warneton

Bas-Warneton

En cartouche : << Bas Warnehton >> - Vue prise du sud.
Au premier plan, chemin de Comines. Chaumières et enclos fait d'une palissade de bois.
Au-delà, la Lys qui coule vers la droite.
Au-delà encore, modeste agglomération d'une dizaine de maisons. Eglise en pierre et couverte d'ardoise : deux nefs, tour centrale à flèche de charpente, nef sud éclairée de lucarnes pendantes. Ce que nous voyons ici évoque très imparfaitement l'édifice en partie roman, qui a subsisté jusqu'en 1914.
A gauche, le dessinateur a simplement évoqué Warneton.
Le village, complètement détruit lors de la Grande Guerre, a été reconstruit sur un autre axe.

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Wervicq-Sud et Wervik

Wervicq-Sud et Wervik

En cartouche : << Wervy >> - Composition panoramique à partir de vues prises du sud, notamment du Mont de Wervicq . Le dessinateur a fortement exagéré les méandres de la rivière et du même coup, a mal replacé les différents éléments du paysage.
Au premier plan, chemin venant de Linselles (rue des Frères Hollebecque). A droite, chapelle (encore figurée sur un plan de 1744 ) : petit édifice en pierre couvert d'ardoise : deux fenêtres au sud, façade ouest surmontée d'un clocheton de charpente et percée d'une porte et d'une fenêtre (ou d'une niche).
Immédiatement au-delà, mais mal positionnés l'un par rapport à l'autre : chemin de Bousbecque, à droite (rue Gabriel Péri), chemin de Comines, à gauche (rue de l'Abbé-Bonpain) : l'actuelle rue Aristide Briand n'existe pas encore.
Après le croisement, commence le faubourg (aujourd'hui Wervicq-Sud) de part et d'autre du chemin de Linselles (actuellement dénommé en cette partie rue de l'Industrie). On notera, à gauche, la taverne marquée par son enseigne.
Au-delà de la Lys, le bourg (aujourd'hui Wervik), dominé par son église. Edifice en forme de croix latine, bâti de pierre et alors en cours de restauration (il paraît terminé sur une vue de 1609) : tour occidentale sur plan carré, étage des cloches éclairé par un doublet de fenêtres, toiture pyramidale, clocheton; nef d'au moins quatre travées découronnée, collatéral ruiné; bras de transept sud couvert d'ardoise, pignon surmonté d'une croix (et marquant ainsi la partie des bâtiments utilisée pour le culte).
Dans le bourg, plusieurs maisons de belle apparence. Devant l'église, immeuble couvert d'ardoise.
Wervicq avait déjà eu à souffrir des guerres du XVIe siècle. Les deux communes, issues de traités de partage du XVIIIe siècle, seront à leur tour victimes des combats de 1792... et de la Grande Guerre.